Le mythe de la maison verte unifamiliale

La maison verte - un mythe

J’ai emprunté dernièrement à la grande bibliothèque, un livre sur les nouvelles maisons vertes (new natural home) qui décrit une nouvelle conception de la maison moderne et verte. Plusieurs exemples de maisons sont proposés comme réponse aux problèmes du réchauffement planétaire. Les maisons ont toutes une architecture moderne et sont efficaces du point de vue énergétique.

Les maisons proposées dans ce livre sont toutes des maisons unifamiliales qui ont été bâties sur des terrains boisés. Les maisons et les environnements que l’on retrouve dans ce livre sont d’après moi, plus proches du problème que de la solution. Voici ce que j’ai noté par rapport à une des maisons dans ce livre.

  1. La maison « verte » illustrée ici possède environ 4 places de stationnement, soit une place de prévue pour chaque habitant de cette maison. Puisque l’automobile est la cause principale des gaz à effets de serre au Québec. 
  2. La maison est située exclusivement sur le bord d’un lac.  Une multiplication de ce type de maison autour d’un lac rend difficile l’accès au lac pour les non-propriétaire ou propriétaire n’ayant pas accès au lac. Trop de municipalités au Québec ont développé selon ce modèle qui donne accès aux berges à un petit nombre de propriétaires privilégiés.
  3. La maison est située probablement très loin d’un grand centre et loin des transports en commun. À moins que tous les habitants fassent du télétravail, il est évident que beaucoup de ressources seront gaspillées pour la construction des infrastructures et lors du déplacement des habitants de la maison.
  4. Avec au moins 28 mètres de façade (14 ou 15 largeurs d’automobile!!), cette maison occupe beaucoup d’espace et utilise une bonne superficie de terrain. Si tous les Montréalais vivaient dans une telle maison, il faudrait environ quatre fois la dimension de la ville de Montréal pour loger sa population!   

La vraie maison verte parfaite est d’après moi très loin du modèle illustré ci-dessus, car elle maximise la consommation de ressources et offre une qualité de vie incomparable. Elle a les caractéristiques suivantes :

  • Accès libre pour tous au bord de l’eau et aux espaces verts
  • Norme laide lors de la construction. C’est-à-dire la récupération des matériaux, l’utilisation de matériaux locaux et une isolation supérieure
  • Proximité du transport en commun
  • Proximité des commerces
  • Accès à des pistes de vélos.

Un projet tel que le bassin du havre à Griffintown est à mon avis un projet beaucoup plus vert que n’importe laquelle de ces maisons « vertes » qui sont données en exemple. Quelqu’un qui vit dans un tel édifice peut travailler, magasiner et se distraire sans aucune utilisation de la voiture.  De plus, le partage des espaces permet à un plus grand nombre de personnes de profiter de la proximité de l’eau et des espaces verts.  

Mais à bien y penser, la plupart des habitations des quartiers centraux respectent la plupart des caractéristiques que j’ai énumérées ci-haut, car ils sont à distance de marche de la plupart des services et dans le fond, un appartement, même s’il est ancien, consomme moins en énergie qu’une grosse maison verte.
 

 

 

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